Programme de réadaptation précoce
de l’Institut de physiatrie du Québec

Contenu du programme

  • Évaluation initiale conjointe par une physiothérapeute et une ergothérapeute.
  • Traitements de physiothérapie et d’ergothérapie 3 fois par semaine, à raison d’une heure et demie par jour.
  • Programme d’exercices à domicile.
  • Quatre rencontres individuelles d’éducation et d’accompagnement favorisant la réactivation et les habiletés cognitives telles la modification des pensées erronées, l’autoprise en charge, la résolution de problèmes, l’analyse de risques, le renforcement positif et l’engagement. L’ergothérapeute et la physiothérapeute ont suivi une formation sur l’approche cognitivo-comportementale.
  • Coordination du retour au travail dès que le patient démontre des capacités suffisantes à un retour progressif ou adapté.

Spécificités du programme

  • Programme développé à partir des plus récentes données probantes.
  • Prise en charge précoce pour réduire les risques de chronicité et les coûts associés.
  • Approche cognitivo-comportementale comme complément essentiel à la réactivation physique des patients en tenant compte des facteurs psychosociaux pouvant conduire à la chronicité.
  • Évaluation et interventions conjointes par une physiothérapeute et une ergothérapeute spécialisées dans la réadaptation en phase subaiguë.
  • Programme individualisé et supervisé en clinique avec programme d’exercices à domicile.
  • Consultation au besoin avec un physiatre, accessible en moins de deux semaines.

Critères d’admission au programme

  • Cas de lombalgie subaiguë
  • Entre 6 et 15 semaines après l’apparition de la lombalgie
  • CSST, SAAQ ou assureur privé

Procédure de référence

  • Remplir le formulaire de référence
  • Le transmettre à l’Institut de Physiatrie du Québec par télécopieur 514 598-9963 ou demander au patient de l’apporter à la réception.

    Délai maximal de prise en charge suite à la réception de la référence : une semaine.

Communication avec le médecin traitant et l’agent payeur (csst, saaq, assureur privé)

  • Rapport d’évaluation initiale
  • Rapport de fin d’intervention et recommandations
  • Rapports ponctuels d’évolution
  • Suivi téléphonique sur demande.

    Dans le cas où le travailleur n’aurait pas amorcé un retour au travail après 12 semaines d’intervention, une recommandation au médecin traitant pourrait lui permettre, au besoin, de le diriger vers un des services spécialisés disponibles à l’IPQ, soit en physiatrie ou en neurochirurgie.

Il y a consensus dans la littérature sur la lombalgie :

Il faut implanter des interventions précoces pour diminuer les effets dévastateurs de la chronicité.

Les soins de première ligne sont à privilégier, car c’est le point d’entrée des patients dans le système pour la plupart d’entre eux.

En recherche, la phase subaiguë de la lombalgie se définit par la période comprise entre la 6e et 
la 12e semaine après le début de la douleur. C’est la phase privilégiée d’intervention pour 
tenter de prévenir la chronicisation des affections lombaires.

Les variables psychosociales telles les croyances, l’humeur et l’adaptation ont un plus grand impact que les variables biomédicales ou biomécaniques sur la chronicisation de la douleur
(1, 2). Les comportements d’évitement permettent de prédire le succès du retour au travail (3).

Voici 3 études parmi quelques-unes portant sur l’intervention cognitivo-comportementale dans le traitement de la lombalgie en phase subaiguë.

  • Un essai clinique randomisé publié dans Lancet en 2010 (4) a évalué l’efficacité d’une 
intervention cognitivo-comportementale sur 701 patients avec une lombalgie subaiguë et chronique provenant d’une pratique de médecine générale. Comparé à un groupe contrôle qui n’avait pas reçu cette intervention, le groupe traité avait une amélioration significative de la douleur et de la fonction à 3, 6 et 12 mois. L’évaluation coût-bénéfice favorisait aussi le groupe traité à 3, 6 et 12 mois.
  • Un essai clinique randomisé a porté sur 243 patients présentant une lombalgie aiguë ou subaiguë (5). Le groupe traité a reçu une thérapie cognitivo-comportementale et a été comparé à 2 groupes contrôle qui ont reçu des informations écrites. La moyenne de jours d’absence par mois du groupe traité était de 0,5 alors qu’elle était de 3 pour les 2 groupes contrôle. Le risque de chronicité était 9,3 fois moins élevé dans le groupe traité.
  • Ces mêmes patients ont été réévalués 5 ans plus tard (6). Le risque d’absence à long terme était 3 fois plus élevé dans les groupes contrôle que dans le groupe traité. Le coût total de l’absence et des soins était près de 3 fois moins élevé dans le groupe traité.

La littérature est claire

Les approches brèves et ciblées utilisant la thérapie cognitivo-comportementale ont un impact significatif sur l’absentéisme et favorisent une réinsertion précoce au travail (4,5). Cet effet persiste sur une longue période - 5 ans (6).

Références

1. Pincus T, Vogel S et al. Fear-avoidance and prognosis in back pain : a systemetic review and synthesis of current evidence. Arthritis Rheum 2006;54:3333-4010.
2. Van der Windt DA, Kuijpers T et al. Do psychosocial factors predict outcome in both low-back and shoulder pain? Ann Rheum Dis 2007;66:313-9.
3. Hiebert R, Campello MA et al. Predictors of short-term work related disability among active duty US Navy personnel : a cohort study with acute and subacute low back pain. Spine Journal 2012;12:806-16.
4. Sarah E Lamb, Zara Hansen, Ranjit Lall, Emanuela Castelnuovo, Emma J Withers, Vivien Nichols, Rachel Potter, Martin R Underwood. Group cognitive behavioural treatment for low-back pain in primary care: a randomized controlled trial and cost-eff ectiveness analysis. Lancet 2010;375:916-23.
5. Linton SJ Andersson TA. Can chronic disability be prevented? A randomized trial of cognitive-behavioral intervention and 2 forms of information for patients with spinal pain. Spine 2000;21:2825-31.
6. Linton SJ, Nordin E. A 5-year follow-up evaluation of the health and economic consequences of an early cognitive-behavioral intervention for back pain: a randomized controlled trial. Spine 2006;31:853-8.